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9. Brahmâ dit : mon fils, c’est une bonne pensée et une preuve de ta bienveillance que ces doutes par lesquels tu m’excites à t’exposer l’énergie de Bhagavat.

10. Il n’est pas faux, non plus, le titre que tu me donnes, ignorant l’Être qui est au-dessus de moi, et duquel me vient en effet la puissance [que tu me reconnais].

11. Celui par qui j’éclaire les mondes, éclairés par la splendeur qui vient de lui, comme font le soleil, le feu et la lune, comme font les constellations, les planètes et les étoiles ;

12. Celui dont la Mâyâ, si difficile à vaincre, fait que les hommes m’appellent le maître du monde, Bhagavat enfin, le fils de Vasudêva, c’est à lui que nous devons adresser notre adoration ;

13. À lui dont la Mâyâ, honteuse de se montrer à ses regards, trouble l’homme qui, dans l’erreur de son intelligence, se vante avec orgueil du moi et du mien.

14. Rien de ce qui est, ô Brâhmane, matière, action, temps, disposition naturelle, âme individuelle, quoi que ce soit enfin, n’existe essentiellement distinct du fils de Vasudêva.

15. C’est à Nârâyaṇa que s’adressent les Vêdas ; les Dêvas sont nés du corps de Nârâyaṇa ; c’est de Nârâyaṇa que dépendent les mondes, à lui que se rapportent les sacrifices.

16. C’est à Nârâyaṇa que s’adressent les pratiques du Yoga, à lui que s’adressent les mortifications ; c’est de Nârâyaṇa que dépend la science ; c’est de Nârâyaṇa que dépend le salut.

17. Pour moi, poussé par le regard de celui qui voit, du souverain Seigneur, de l’Être immuable, et âme de l’univers, je crée, créé moi-même, ce qui doit être créé.

18. La Bonté, la Passion, les Ténèbres, ce sont là les trois qualités de l’Être, qui n’a réellement pas de qualités, mais qui en revêt à l’aide de sa Mâyâ, pour conserver, créer et détruire l’univers.

19. Ces qualités, en devenant l’origine de la matière, de la connaissance et de l’acte, enchaînent, quoiqu’il n’en reste pas moins toujours affranchi, l’Esprit enveloppé par Mâyâ, à la condition d’effet, de cause et d’agent.