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16. Et ce bienheureux fils de Vyâsa, exclusivement dévoué au fils de Vasudêva ; oui, ces histoires, ennoblies par les qualités de celui dont le nom est chanté au loin, doivent être entendues dans les réunions des gens vertueux.

17. Car le soleil, par la succession de son levier et de son coucher, détruit la vie des mortels, excepté celle de l’homme qui a donné ne fût-ce qu’un instant à l’histoire du Dieu dont la gloire est excellente.

18. Ne vivent-ils pas [aussi], les arbres ? ne respirent-ils pas, les soufflets ? ne mangent-ils pas, ne se reproduisent-ils pas aussi, les autres animaux des villages ?

19. C’est une brute comparable au chien, au chameau, à l’âne et au pourceau qui vit dans la fange, que l’homme dont les oreilles n’ont jamais été frappées par l’histoire du frère aîné de Gada.

20. Les oreilles de l’homme qui n’écoute pas les hauts faits de celui dont le pouvoir est immense, sont des trocs inutiles ; elle ressemble à une grenouille, la langue mauvaise, ô Sûta, qui ne répète pas les vers consacrés à celui dont le nom est chanté au loin.

21. C’est un poids inutile que la tête, fût-elle ornée du turban de soie et de l’aigrette, qui ne s’incline pas devant Mukunda ; les mains qui n’adorent pas Hari ne sont que les mains d’un cadavre, quand même elles porteraient de brillants bracelets d’or.

22. Ils ressemblent aux yeux qui parent la queue du paon, les yeux de l’homme qui ne contemplent pas les attributs de Vichṇu ; ce sont les racines d’un arbre que les pieds qui ne vont pas visiter les lieux consacrés à Hari.

23. C’est un cadavre vivant que l’homme qui ne recueille pas la poussière des pieds des sages dévoués à Bhagavat ; c’est un cadavre respirant que celui qui ne connaît pas le parfum de la plante Tulasî qui s’attache aux pieds du divin Vichṇu.

24. Oui, il a un cœur de pierre, celui qui entendant les noms de Hari, n’éprouverait aucune émotion, ne sentirait pas les larmes couler de ses yeux et les poils se dresser sur tout son corps.

25. Dis-nous donc, ô toi le premier des serviteurs de Bhagavat, toi dont les discours sont pleins de bienveillance, ce que le fils de