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Brâhmane, malédiction où l’homme attaché au monde trouve bien vite un sujet de terreur.

15. Puissé-je être accueilli par les Brâhmanes et par la divine Gag̃gâ, moi qui cherche un asile auprès d’eux, et qui fixe ma pensée sur l’Être suprême ! Puissé-je être mordu par le faux serpent qu’envoie le Brâhmane ! Vous, chantez les hymnes à Vichṇu !

16. Puissé-je éprouver sans cesse de l’amour pour Bhagavat, l’Être infini ! puissé-je désirer la société des sages magnanimes qui cherchent un asile auprès de lui ! A quelque naissance que je sois soumis pour l’avenir, puissé-je obtenir leur amitié ! Adoration en tous lieux aux Brâhmanes !

SÛTA dit :

17. Ainsi affermi dans son dessein, le roi s’assit plein de confiance et de recueillement, le visage tourné vers le nord, laissant au midi le rivage ; il s’assit sur des tiges de Kuça, dont la pointe était dirigée vers l’est, après avoir abandonné à son fils [Djanamêdjaya] le fardeau de la terre, épouse de l’Océan.

18. Au moment où ce roi, qui était un Dieu parmi les Dieux des hommes, se préparait ainsi à son dernier jeûne, les troupes des habitants des cieux, pleins de joie, firent tomber sur la terre une pluie de fleurs en chantant ses louanges ; les larges timbales résonnèrent à plusieurs reprises.

19. Les grands Rǐchis qui s’étaient réunis autour du roi, ces sages dont la vertu et le caractère même est la bienveillance pour les créatures, s’écriaient en le bénissant et en approuvant sa conduite : Bien ! bien ! et se livraient à des discours embellis par les perfections de l’Être dont la gloire est excellente.

20. Les Rǐchis dirent : Il n’y a là rien d’étonnant, ô le plus noble des Rǐchis des rois ! quand on est issu, comme toi, d’une famille qui, dévouée au service de Krǐchṇa, n’hésita pas à quitter, dans son ardeur à suivre Bhagavat, un séjour honoré par le diadème royal.

21. Pour nous, nous resterons tous aujourd’hui réunis en ce lieu, jusqu’à ce que le fidèle serviteur de Bhagavat, abandonnant son corps,