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blement qu’il avait besoin de l’aide de Dieu pour digérer son dîner et que sa pieuse exclamation n’avait aucun rapport avec ma visite inattendue.

Wuthering Heights est le nom de la demeure de M. Heathcliff : Wuthering étant un adjectif provincial très significatif pour décrire le tumulte atmosphérique auquel est exposé cet endroit dans les temps d’orage. Un vent pur et réconfortant, ils doivent l’avoir là-haut en toute saison ; on peut juger de la puissance du vent du nord soufflant par dessus la haie, par la pente excessive des quelques sapins rabougris contigus à la maison et par une rangée d’épines décharnées qui tendent leurs membres toutes dans un même sens, comme si elles mendiaient l’aumône du soleil. Heureusement l’architecte a pris la précaution de bâtir solidement la maison, les étroites fenêtres sont profondément enfoncées dans le mur, et il y a de grandes pierres en saillie pour protéger les coins.

Avant de passer le seuil de la porte, je m’arrêtai pour admirer une quantité de sculptures grotesques répandues sur le fronton, et particulièrement à l’entour de la porte principale ; au-dessus de cette porte, parmi un enfer de griffons émiettés et d’impudents petits monstres, je découvris la date 1500 et le nom « Hareton Earnshaw ». J’aurais volontiers fait quelques commentaires, et demandé au morose propriétaire une courte histoire du lieu ; mais son attitude à la porte m’a paru réclamer mon entrée hâtive ou mon départ définitif ; et je ne voulais pas aggraver son impatience avant d’avoir examiné l’intérieur de sa retraite. Une marche nous introduisit dans le salon de la famille, sans la moindre trace d’antichambre ou de passage intermédiaire ; c’est ce salon qu’ils appellent ici plus spécialement la maison. Il comprend généralement la cuisine et le parloir ; mais je crois qu’à Wuthering Heights la cuisine a été forcée de se retirer dans un autre quartier ;