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cun dommage. Vraiment, quand il s’est adressé à moi sur ce stupide ton fâché de déplaisir, après que j’avais grondé Heathcliff à son sujet jusqu’à m’enrouer, je n’ai plus eu souci de ce qu’ils pouvaient se faire l’un à l’autre ; d’autant plus que je sentais que, de quelque façon que la scène se terminât, nous serions tous séparés l’un de l’autre pour Dieu sait combien de temps. Eh bien, si je ne peux pas garder Heathcliff pour ami, si Edgar veut être lâche et jaloux, j’essaierai de briser leurs cœurs en brisant le mien. Ce sera une prompte façon d’en finir, si je suis poussée à bout. Mais c’est une conduite à réserver pour un cas désespéré ; je ne voudrais pas prendre Linton par surprise. Jusqu’à présent il a été discret, dans sa crainte de me provoquer ; il faut que vous lui représentiez le danger qu’il y aurait à quitter cette attitude, et que vous lui rappeliez ma nature passionnée qui arrive tout de suite à la frénésie, une fois excitée. Et puis je voudrais que vous chassiez de votre figure cette expression d’apathie, et que vous paraissiez un peu plus anxieuse à mon sujet.

Évidemment la froideur avec laquelle je recevais ces instructions était plutôt faite pour exaspérer, car elles étaient délivrées en parfaite sincérité. Mais je pensai qu’une personne qui pouvait spéculer à l’avance sur l’effet de ses crises de passion pouvait aussi, par un acte de volonté, exercer un contrôle suffisant sur soi-même dans les cas les plus excitants ; et je n’avais aucune envie d’alarmer son mari, comme elle disait, et d’ajouter encore à ses ennuis, simplement pour servir l’égoïsme de la jeune femme. Aussi ne dis-je rien au maître lorsque je le vis marcher vers le parloir ; mais je pris la liberté de retourner sur mes pas pour écouter s’ils reprendraient leur querelle. C’est lui qui commença à parler le premier.

— Restez où vous êtes, Catherine ! dit-il sans aucune colère dans sa voix, mais avec une réserve pleine de tris-