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ceux qui cherchent à tout dominer ! Ce bonheur cessa lorsque les circonstances amenèrent les deux parties à sentir que l’intérêt de l’une n’était pas le principal objet de la pensée de l’autre. Par un doux soir de septembre, je revenais du jardin avec un lourd panier de pommes que j’avais été cueillir. La nuit était venue et la lune regardait par dessus la haute muraille de la cour, faisant se jouer de vagues ombres sur les coins des parties en saillie de la maison. Je déposai mon fardeau sur l’escalier de la maison près de la porte de la cuisine, et je songeai à me reposer, et je voulus respirer encore quelques instants cet air doux et léger ; je regardais le ciel, tournant le dos à la porte, lorsque j’entends une voix dire derrière moi : « Nelly, est-ce vous ? » C’était une voix profonde, et dont l’accent m’était étranger ; et pourtant il y avait quelque chose dans la manière de prononcer mon nom qui me semblait familier. Je me retournai pour voir qui m’avait parlé, un peu effrayée, car les portes étaient fermées, et je n’avais vu personne en m’approchant de l’escalier. Quelque chose remuait dans la porte ; et je distinguai un homme de haute taille, vêtu de noir, brun de visage et de cheveux. Il était appuyé contre la porte et tenait ses doigts sur le loquet comme s’il voulait ouvrir. Qui cela peut-il être ? pensais-je : M. Earnshaw ? ce n’est pas sa voix.

— Il y a une heure que j’attends ici, reprit cette voix, et tout depuis lors a été autour de moi calme comme la mort. Je n’ai pas osé entrer. Ne me reconnaissez-vous pas ? Regardez, je ne suis pas un étranger.

Un rayon éclaira ses traits, les joues creuses étaient à demi-couvertes de favoris noirs ; les sourcils bas, les yeux profondément enfoncés et d’aspect étrange. Je me rappelai ces yeux.

— Quoi m’écriai-je, ne sachant pas si je devais le regar-