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Informés que le frère Saint-Ange avait exposé ses idées à quelques jeunes gens, Pascal et deux de ses amis allèrent le voir et lui démontrèrent son erreur. Mais le frère Saint-Ange s’y obstina. Pascal et ses amis songèrent alors avec angoisse aux dangers que présentait un tel enseignement communiqué à la jeunesse. Ils résolurent d’avertir le frère, puis de le dénoncer s’il résistait. Celui-ci méprisa leur avis. Il le dénoncèrent donc à l’ancien évêque de Belley, M. Camus, alors suppléant de Mgr de Harlay, archevêque de Rouen. M. de Belley, disciple et ami de saint François de Sales, ayant interrogé cet homme, fut trompé par une profession de foi que celui-ci écrivit et signa de sa main. Dès qu’ils furent informés de cette méprise, Pascal et ses amis allèrent trouver, à Gaillon, M. l’archevêque de Rouen, lequel donna ordre de faire rétracter le frère Saint-Ange. Celui-ci s’exécuta, et l’on peut croire, dit Mme Périer, que ce fut sincèrement ; car jamais il ne montra de fiel contre ceux qui lui avaient causé cette affaire.

Ainsi se manifestait l’humeur bouillante de Pascal. Et cependant il était de plus en plus travaillé par la maladie. L’application prodigieuse qu’il avait donnée aux sciences avait miné sa santé. Il souffrait d’incommodités telles, que les médecins lui interdirent toute étude. Il avait le bas du corps presque paralysé, et ne pouvait marcher qu’avec des potences. Ses jambes et ses pieds étaient froids comme le marbre.

C’est sans doute dans cette période de sa vie qu’il composa la Prière pour demander à Dieu le bon