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encore à la terre. La vertu ne lui suffit plus. Il cherche la sainteté. Comment se fait-il pourtant que, à cette même époque nous lui voyions organiser, avec une merveilleuse activité, un concours sur un problème de mathématiques, et écrire, à ce sujet, des lettres et mémoires qui rappellent la plus brillante période de sa vie scientifique ?

Une nuit qu’il souffrait d’un grand mal de dents, raconte sa nièce Marguerite Périer, il s’avisa, pour se soulager, de s’appliquer à quelque chose qui lui fît oublier son mal. Et ayant pensé au problème de la Roulette ; proposé jadis par le P. Mersenne, et que personne n’avait pu résoudre, il en trouva la démonstration, ce qui le guérit. Il n’eût rien fait de cette solution, si M. de Roannez ne l’eut averti que, dans le dessein où il était de combattre les athées, il devait leur montrer qu’il en savait plus qu’eux en tout ce qui est sujet à démonstration. Sur quoi M. de Roannez lui conseilla de consigner soixante pistoles comme prix proposé à celui qui résoudrait le problème. Pascal ouvrit le concours en juin 1658, fixant le délai a dix-huit mois. Ce temps écoulé, les examinateurs ayant jugé que personne n’avait résolu le problème, Pascal rédigea la démonstration, et employa les soixante pistoles à faire imprimer son ouvrage.

Tel est le récit de Mlle Périer. En réalité, le travail auquel se livra Pascal à cette occasion est considérable. Il médita ses démonstrations pendant plusieurs mois avant de proposer le problème ; et il écrivit sous le pseudonyme d’Amos Dettonville,