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sont maintenant maîtres de la créance des peuples, et nous serions en danger d’être décriés comme calvinistes et traités comme le sont les jansénistes, si nous ne tempérions la vérité de la grâce efficace par l’aveu, au moins apparent, d’une grâce suffisante. — Allez, mon Père, lui dit alors Montalte. Votre ordre a reçu un honneur qu’il ménage mal. Il abandonne cette grâce qui lui avait été confiée, et qui n’a jamais été abandonnée depuis la création du monde. Il est temps que d’autres mains s’arment pour sa querelle. Il est temps que Dieu suscite au docteur de la grâce des disciples intrépides, qui, ignorant les engagements du siècle, servent Dieu pour Dieu.

Comme Pascal terminait cette seconde lettre, le 29 janvier 1656, il apprit que la censure était prononcée contre M. Arnauld, par cent trente voix contre neuf. Celui-ci ne plia point ; mais il demanda au Seigneur de le secourir, afin qu’il pût combattre pour la vérité jusqu’à la mort. Retranché du corps de la Faculté, il se cacha pour éviter la Bastille. Cependant Pascal, qui voit ses Lettres lues et goûtées universellement, approuvées de personnages tels que Chapelain et Mme de Longueville, s’élève hardiment contre la condamnation. La proposition de M. Amauld : « Les Pères nous montrent un juste en la personne de saint Pierre, à qui la grâce, sans laquelle on ne peut rien, a manqué, » est justifiée, de toute évidence, par le langage de saint Augustin et de saint Chrysostome. Pourquoi donc les molinistes l’attaquent-ils ? Pour avoir un prétexte à retrancher M. Arnauld de l’Église. D’explication ils