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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/71

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japonaise[1]. Or, on les dit querelleurs, durs, cruels ; ils pratiquent les supplices ; on les représente hostiles aux étrangers. Leur apparente civilisation n’est, paraît-il, qu’un décor de façade. Ce qu’ils ont emprunté à l’Europe, ce sont ses canons, ses cuirasses de bateaux, ses organes militaires et politiques — des armes pour la mieux battre. Et nous les voyons à présent se manifester pour la première fois au monde dans le fracas des torpilles meurtrières, entourés de l’appareil des conquérants. Ils ont bien l’air de servir les appétits d’un nationalisme échevelé, la forme la plus abjecte de l’idée de patrie et la pire condition morale pour un peuple doué de quelque faculté de raisonnement. Il semble donc qu’au fond d’eux-mêmes, dépouillés du masque civilisateur, ils soient restés pareils ; ne représentent-ils pas, en face du Slave nonchalant et pacifique, une force de barbarie active ?

Ayant de la sorte instruit le procès des Japonais, j’attendis la réponse. Tolstoï ne se

  1. Sur cette question, v. l’Appendice.