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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/55

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— Je le regrette, fait-il ; ce sera comme vous voudrez. Vous êtes ici chez vous, tout à fait chez vous. En attendant, il faut renvoyer l’équipage qui vous a amené. Vous avez un train vers minuit à Zasseika, et, si vous tenez absolument à partir aujourd’hui, un traîneau vous y conduira ce soir. Vous aviez fait sans doute un prix avec votre cocher ?

— Oui, six roubles.

— Six roubles !… Six roubles !… Mais c’est beaucoup trop cher ! Qui vous a indiqué ce prix ?

Léon Nicolaiévitch s’est renversé sur sa chaise et son visage s’épanouit largement. Je fais valoir que mon cocher devait me ramener, que je lui prenais toute sa journée, que c’est un pauvre homme, qu’il est légitime qu’il profite un peu du passage d’un étranger… Mais il n’est pas convaincu. Il continue de s’amuser de mon ingénuité. Il fait : « Enfin ! » se lève pour aller appuyer sur un bouton électrique, et un domestique paraît, à qui je remets la somme convenue.

Pourquoi riait-il ? Ce n’était pas sécheresse de cœur. Si généreux, Tolstoï est un lo-