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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/45

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d’haleines nocturnes, affadis et réchauffés par les poêles qui ne s’éteignent pas ; des paysans, des ouvriers bardés de peaux de mouton, et qui sentent le suint, circulent sur son pavé gras.

Par chance, je rencontre un employé de qui je puis me faire entendre. Il m’apprend que Iasnaïa Poliana est à douze verstes (quatorze kilomètres environ) de Toula, que j’aurai les plus grandes difficultés à m’y rendre dans la neige, que j’aurais dû descendre à Zasseika, la station suivante, qui n’en est éloignée que de trois verstes. Enfin, il m’indique un hôtel, « le meilleur de la ville », et je dévale en traîneau, dans le froid qui mord à travers la boue glacée de la ville.

À la « gostinitza Vermann », autre affaire. Dans ce « premier hôtel de la ville », on ne parle que le russe et l’allemand. Je ne connais ni l’une ni l’autre langue. On n’y sait pas davantage que certains barbares d’occident ont besoin d’eau chaude pour leur toilette. Après un sérieux labeur, je conquiers un pot de cette merveilleuse eau chaude. Mais comment expliquer que je vais chez le