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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/42

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quinze jours qui suivirent la nuit tragique de Port-Arthur.

Mais l’opinion peu à peu se calme, les transports se régularisent ; une longue période d’attente succède aux heures troubles du début ; l’escadre de Port-Arthur se tient immobile durant qu’elle répare ses blessures ; Makarov, en route vers la mort, rejoint son commandement ; des ports japonais et de la gare de Moscou parlent d’innombrables bataillons, des escadrons, des batteries, qui, plus tard, se rencontreront dans les plaines mandchoues ; Kouropatkine, enfin, chef prudent et sage, ayant organisé son état-major, arrêté ses dispositions, délibéré sa tactique, quitte Pétersbourg et l’Empereur le samedi 28 février-12 mars, à six heures du soir, salué de l’acclamation populaire, portant dans son cœur la fervente espérance de la Russie unanime. Je fus avec lui à Moscou. Il y demeura un jour. Le dimanche soir 13 mars, à neuf heures cinquante, il monta dans le train qui le menait à Kharbine, puis à Moukden. Je le vis debout, à la porte de son wagon vert, à la minute où son train