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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/195

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Car lui, que vous voyez si enclin à causer, si prompt à discuter, il s’enferme, quand nous sommes seuls, dans ses méditations, et il faut que nous ayons une visite pour qu’il rompe son silence !

J’exprime à la comtesse, en termes brefs, la grande vénération que toute la France pensante a pour le génie de son mari, et j’évoque la fête triomphale que Paris lui ferait, s’il consentait à le visiter.

— Oh ! je m’en doute, fait-elle vivement. Et partout, du reste, je crois que l’accueil serait très beau. Mais il ne peut pas être question de cela. D’abord mon mari n’a jamais aimé se déplacer beaucoup, et il n’a que peu de goût à se mettre en évidence. Mais quand même il songerait maintenant à voyager, je ne le laisserais pas faire. Pensez aux fatigues, et surtout aux émotions que lui vaudrait un voyage à Paris ! La réception que je prévois serait périlleuse pour sa santé. Il se porte bien, mais à la condition de se ménager. Depuis sa maladie de Crimée, où l’état de son cœur nous a donné tant de tourments il est obligé de prendre quelques précau-