Ouvrir le menu principal

Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/191

Cette page a été validée par deux contributeurs.


admiration votre parole ardente. L’idéal de paix que vous propagez est d’une généreuse beauté. Mais…

Je m’étais arrêté ; et Tolstoï, souriant, formula ma pensée :

— Mais vous redoutez qu’il ne soit irréalisable ?

— Oui. De grands apôtres l’ont prêché, Confucius, le Bouddha, Jésus, Mahomet, et les Prophètes, et les Pères de l’Église. Tous les penseurs, Platon, Socrate, Kant, Spinoza, Pascal, cent autres, tous les poètes se sont efforcés à préparer la fin de la violence et l’avènement de la justice… Pour quel résultat ? Je vois les peuples en permanent appétit de batailles, et le cœur humain, si j’en juge par le mien, toujours chargé d’ignominie !…

— Il ne faut pas nier le progrès humain. J’ai foi dans l’humanité. Elle ne cessera pas de se développer selon la vérité, et se réalisera dans le bien.

— À travers combien de tourmentes, et dans quel lointain avenir ?

— Que fait le temps ? L’évolution humaine