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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/156

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nous y avons gagné, comtesse, l’admirable lettre que vous avez écrite alors au Saint-Synode.

— Ah ! vous trouvez ? fait-elle. Croiriez-vous qu’il y a eu des gens pour insinuer que j’avais écrit sous la dictée de mon mari ?… Or c’est à son insu que j’ai envoyé cette lettre. Il était à la promenade, lorsqu’est arrivé ici le décret du Saint-Synode. J’en ai été indignée, et, dans le premier mouvement, j’ai rédigé cette lettre. Mais comme je me doutais bien que mon mari ne l’approuverait pas, je l’ai tout de suite recopiée et expédiée à la poste. Si bien qu’à son retour, il a tout appris en même temps : et la décision du Saint-Synode et la réponse que je venais d’y faire. Et j’avais bien deviné. Il m’a dit : « À quoi bon leur écrire ? Tu donnes trop d’attention à ces choses. Il fallait laisser cela. » Mais j’ai répliqué : « Tant pis. Ton conseil vient trop tard. La lettre est partie. »

Le visage épanoui et souriant du maître est tourné vers sa femme, et, hochant la tête, il conclut amicalement :