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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/155

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point de bêtises — et ce n’est pas toujours facile.

Je fais allusion à l’excommunication naguère lancée contre lui par le Saint-Synode.

— Un geste bien inutile, fait doucement Tolstoï.

La comtesse intervient et dit :

— Savez-vous bien que le Saint-Synode a fait cela non seulement en dehors de l’Empereur, mais contre son gré ? L’Empereur a appris la chose quand elle était faite, par sa publication. Il n’était pas content. Il a fait venir aussitôt le procureur général du Saint-Synode, Pobédonostsev, pour lui demander des explications ; mais Pobédonostsev a pu lui prouver, textes en mains, que le droit d’excommunication est un privilège du Saint-Synode, un des rares actes où il peut exercer la plénitude de son libre arbitre. À quoi l’Empereur a répliqué que c’était possible, mais que Tolstoï n’est pas un moujik, et qu’une mesure prise contre lui est un acte assez important pour qu’on en réfère au souverain.

— Le comte n’y a rien perdu, dis-je, et