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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/151

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en partie. En m’efforçant de faire aimer la paix et la concorde, je n’ai jamais pensé que ces exhortations pussent produire des fruits immédiats ; je n’ai jamais cru que le monde pût être d’emblée conquis à la fraternité : et si je l’avais vu pacifié, mon effort serait puéril et vain. La guerre actuelle n’est qu’une manifestation de la meurtrière folie des hommes. Elle doit affliger tous les hommes de conscience et de devoir, sans les surprendre : la merveille prodigieuse serait qu’il nous fût donné d’assister à la réconciliation entre les hommes. Mon fils a donc répondu avec bon sens. Où je ne suis plus tout à fait d’accord avec lui, c’est quand il affirme sa confiance dans l’action bienfaisante du procédé de l’arbitrage : je ne crois pas aux arbitrages.

— Cependant, fis-je, l’arbitrage généralisé, réglementé, loyalement pratiqué, ne serait-il pas un acheminement vers la pacification définitive ? L’idée même de l’arbitrage n’est-elle pas un acquiescement formel à la paix ?

— Sans doute, et je n’en conteste pas les