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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/134

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— Soit. Le Japonais est perfectible, et son effort vers le progrès est respectable. Mais il est jaune. Peut-on nier que la race jaune retarde sur la blanche ? Dès lors, dans le conflit présent, la sympathie du blanc ne doit-elle pas aller au blanc d’abord ?

— Je ne suis pas sûr de cela du tout.

— Où sont les progrès de la race jaune ? Voyez la Chine : quels mouvements apparents de son évolution depuis des milliers d’années ?

— Nous connaissons mal le monde asiatique. Qui l’a étudié, l’a pénétré, en a scruté la conscience ? Je vois que les Chinois, les Indous ne sont pas des peuples guerriers, qu’ils méprisent la guerre et ceux qui la font, que leur Bouddha stipule comme règle essentielle l’interdiction de donner la mort, fût-ce à un insecte : c’est déjà quelque chose, une supériorité vraie sur nous. Je vois qu’ils ne tuent pas. Je vois, d’après les récits des voyageurs, qu’ils sont sûrs en affaires, qu’ils respectent leur parole, qu’ils ne mentent pas. Voilà encore qui n’est pas commun en Europe.