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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/129

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tablement par besoin de conscience et qui auraient quelque chose à dire.

J’invoque le secours de la comtesse :

— Oh ! fait-elle, cela nous est indifférent, à nous. Tout ce qu’il écrit, nous le lisons. Quant au profit matériel, vous savez bien qu’il a renoncé, sur toutes ses œuvres, à ses droits d’auteur.

— Non, non, croyez-moi, fait-il pour conclure, cela est mieux ainsi.

Il nous interroge sur notre promenade. La comtesse dit :

— J’ai montré à M. Bourdon une maison de paysans : je l’ai conduit chez Un tel.

Tolstoï s’informe de la santé de Un tel, de sa famille, de ses affaires. Encore troublé de ce que je viens de voir, j’exprime la misère de ces pauvres gens, l’infinie tristesse de leur vie sans espérance, et la dureté de leur existence pareille à celle des bêtes, la désolation de leurs âmes ignorantes et closes, la peine de leurs corps, jusqu’à l’horreur de la vermine dont ils se laissent ronger ; je termine :

— C’est affreux de se dire que des êtres humains, si vieux qu’ils vivent, ignoreront