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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/120

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La comtesse fait un grand geste muet, qui évoque des combinaisons vagues…

Elle cause avec eux familièrement. Nous nous sommes assis sur un des bancs de bois. Ils racontent leurs petites affaires. La maman baise les mains de la comtesse, mais gentiment, sans servilité. C’est une coutume russe. On embrasse beaucoup en Russie. Du moins on embrasse les mains. Dans un salon, ou à table, vous voyez soudain un jeune homme se jeter, avec une avidité goulue et en levant au plafond des prunelles blanches, sur le poignet d’une femme qui en même temps le baise au front. N’en concluez rien. C’est une façon de dire : « Comment allez-vous ? » ou : « Vous vous coiffez très bien. » Donc l’affectueuse maman tenait dans sa main la main de la comtesse Tolstoï et la baisait. Et cela signifiait non pas qu’elle lui faisait hommage de servilité, mais qu’elle était heureuse de la voir. Au moment où nous partons, elle la regarde bien en face et lui jette avec un bon sourire tendre une phrase qui fait éclater la comtesse. Toujours riant, elle me dit :