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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/116

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Il y a plusieurs années, la comtesse, excédée par une succession de méfaits commis dans ses bois, envoya, dans un moment d’humeur, une plainte formelle au zemskinatchalnik, ou commandant de la commune, en le priant d’ouvrir une enquête. Elle avait qualité pour formuler cette plainte, puisque, ainsi qu’on l’a fréquemment publié, Tolstoï, se dépouillant totalement, lui a fait remise de tous ses biens ; et elle négligea de l’en avertir pour ne point le distraire de ses travaux.

Le magistrat prescrivit l’enquête. Elle fut rapide et décisive. Peu de jours après, il découvrait et arrêtait les trois ou quatre coupables. Interrogés, ils commencèrent à sangloter.

— Oui, oui, dirent-ils enfin, c’est nous qui avons fait le mal. Oui, nous avons scié et emporté pour les vendre des arbres de la propriété de Léon Nicolaïévitch. Cela, c’est vrai. Mais nous en avions le droit.

— Comment ! fit le magistrat, vous aviez le droit de voler les arbres du comte Tolstoï ?