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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/110

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peu. Des romans, de petites poésies. Mon mari me pousse à publier quelque chose. Ah ! non, par exemple ! Je lui dis : « Quand on est ta femme, on ne se donne pas le ridicule d’éditer des livres. » Il y a pourtant un journal russe qui va publier des vers que j’ai faits. Cela m’amuse. Seulement, personne n’en saura rien ; ils resteront anonymes, et je ne vous dirai même pas le nom du journal.

« Pour l’instant, j’ai une nouvelle fantaisie. Je me suis mise à la peinture. C’est une irrésistible vocation qui m’est venue la semaine dernière. De ma vie, je n’avais touché un pinceau. J’ai fait venir une palette, des brosses, des couleurs, tout l’attirail nécessaire, et je me suis attaquée intrépidement à la copie d’un magnifique portrait de mon mari. Cela me plaît énormément. Je l’ai commencé il y a quatre jours. Je m’y passionne. Croiriez-vous que j’y ai travaillé cette nuit jusqu’à quatre heures du matin ?

— Alors vous teniez votre pinceau d’une main, et une bougie de l’autre ?

— Vous ne croyez pas si bien dire… Je