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Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/103

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Elle n’y met point d’ostentation ; à peine nous en parle-t-elle. Ce qu’elle considère comme son devoir, elle l’accomplit avec une science silencieuse et une passion discrète. Elle est la bonne fée de tous ces petits enfants. Oui, oui, c’est une jolie nature, notre Sacha. Du reste toutes nos filles sont charmantes ; pourquoi ces diables de fils ne leur ressemblent-ils pas ? Je dis toujours à mon mari : « Je t’ai fait des filles qui sont des perfections, et tu n’as seulement pas été capable de m’élever des fils pareils ! »

La comtesse lâchait toutes ces choses avec une grâce enjouée, et il était évident qu’elle pensait de ses fils beaucoup moins de mal qu’elle ne s’efforçait d’en dire.

Tout d’un coup, notre cheval de flèche prend peur, se cabre, recule, fait mille gambades et mille tours, entraîne son camarade, et le traîneau pirouette, et nous sommes menacés de choir dans les fossés du chemin. J’admire le sang-froid de Mme Tolstoï. Il lui suffirait d’écarter le tablier du traîneau bas, de poser le pied à terre, pour être à l’abri de tout événement désagréable. Elle