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MAGNENCE, Flavius Magnentius, Franc de nation, fut fait prisonnier fort jeune par les Romains, prit du service dans leur armée et devint capitaine des gardes de l'empereur Constant. Profitant de l'indolence de ce prince, il revêtit la pourpre à Augustodunum (Autun) en 349, et battit Constant, qui périt en fuyant vers les Pyrénées (350); puis, marchant sur Rome, il y défit et tua Népotien, autre usurpateur, et proposa à Constance II de le reconnaître empereur d'Occident. Celui-ci pour toute réponse marcha contre lui, le battit à Mursa sur la Drave en Illyrie et le contraignit à prendre la fuite. Magnence, voyant ses affaires désespérées, se donna la mort à Lyon, en 353.

MAGNÉSIE, Magnesia, contrée de Thessalie, au S. E., entre le golfe Pagasétique et la mer de Thrace, se terminait par une presqu'île qui s'avançait dans la mer Égée, vers l'Eubée; ch.-l., Démétriade. Le pays tirait son nom d'une ville de Magnésie, située sur la côte E., d'où l'on a rapporté en 1854 de beaux bas-reliefs en marbre pentélique, provenant d'un temple de Diane, et qui sont au Musée du Louvre.

Le nom de Magnésie est commun à plusieurs autres villes de l'antiquité, parmi lesquelles : Magnesia ad Mæandrum, auj. Ghuzel Hissar, en Lydie, à l'O. de Tralles, colonie des Magnésiens de Thessalie : cette ville fut donnée à Thémistocle par Artaxerce; — Magnesia ad Sipylum, auj. Manika ou Mansa, aussi en Lydie, au pied du Sipyle, et sur l'Hermus, célèbre par la vict. de Scipion l'Asiatique sur Antiochus III, roi de Syrie, 190 av. J.-C. On trouvait sur son territoire beaucoup d'aimant : c'est de là, dit-on, que l'aimant a été nommé magnes, pierre de Magnésie.

MAGNOL (Pierre), médecin et botaniste, né à Montpellier en 1638, mort en 1715, fut nommé, sur la recommandation de Fagon et de Tournefort, professeur de botanique au jardin royal de sa ville natale. On a de lui : Botanicum Monspeliense, Lyon, 1676; Prodromus historiæ generalis planlarum, 1689; Hortus regius Monspeliensis, 1697; Novus Character plantarum, 1720, posthume. C'est à lui qu'on doit la 1re idée des familles botaniques naturelles. Linné a donné le nom de Magnolia à un genre d'arbres de l'Amérique qui fait auj. l'ornement de nos jardins.

MAGNUM PROMONTORIUM (c.-à-d. Grand cap), nom latin de plusieurs caps dans l'antiquité. Le plus important était en Lusitanie, au N. O. d'Olisippo (Lisbonne). C'est auj. le cap Roca.

MAGNUS I, surnommé Ladulos, roi de Suède, né en 1240, mort en 1290, était le 2e fils de Birger, et monta sur le trône en 1275, au préjudice de son frère aîné Valdemar, qu'il condamna à une prison perpétuelle. Les grands ayant massacré son favori Ingman et même menacé la reine, il dissimula son ressentiment et invita leurs chefs à un festin, mais il les fit saisir et décapiter à mesure qu'ils arrivaient. Il fit des lois contre les voleurs et assura si bien le respect des propriétés qu'on le surnomma la Serrure des granges (c'est ce que veut dire ladulos).

MAGNUS II, surnommé Smek (le Trompé), roi de Suède, fils du duc Éric, né en 1316, succéda dès 1319 à Birger, fils de Ladulos, à l'âge de 4 ans, mais ne commença à régner qu'en 1337. Pendant sa minorité le Sénat avait réuni à la couronne la Scanie, la Blékingie et le Halland : Magnus se laissa persuader de les abandonner au Danemark : c'est ce qui lui valut son surnom. Il fut obligé de céder ses États, en 1363, au duc Albert de Mecklembourg. Il mourut en Norvége en 1374.

MAGNUS, le Bon, roi de Norvège et de Danemarck, fils de S. Olaüs, remplaça en 1036 Suénon sur le trône de Norvége, et succéda en 1042 à Canut III en Danemark. Il mourut en 1047, laissant le Danemark à Suénon et la Norvège à Harald. Il avait rédigé pour la Norvège un Code qui n'existe plus.

Après lui, 5 princes du nom de Magnus régnèrent sur la Norvège; les plus connus sont : MAGNUS III, surn. Barefoot (pieds-nus, parce qu'il avait adopté la chaussure des Highlanders écossais), roi de 1093 à 1103, fils et successeur d'Olaüs III, qui fit des expéditions contre les Orcades, les Hébrides et l'Irlande, qui prit Dublin et fut tué dans une sortie après la prise de cette ville; — MAGNUS VII, le Législateur, fils de Haquin VI, lui succéda en 1263, et eut un règne glorieux et paisible. Il céda les Hébrides au roi d’Écosse, enleva aux évêques le droit d'élire les rois et rendit ainsi la couronne héréditaire, favorisa le commerce, organisa la défense du roy., fit coopérer les assemblées nationales à la rédaction des lois et à l'assiette des impôts, et fit construire les premiers hôpitaux en Norvége. Il m. en 1280.

MAGNUS, fils de Christian III, roi de Danemark, né en 1540, fut proclamé roi en 1570 par les Livoniens, fatigués du joug des Chevaliers teutoniques. Il se laissa battre par le czar Iwan IV, fut dépouillé par les Polonais de ses possessions les plus importantes, et mourut abandonné, en 1583.

MAGNUS (Jean), archevêque d'Upsal, né à Linkœping en 1488, mort à Rome en 1544, s'opposa au projet conçu par Gustave Wasa d'introduire la réforme en Suède; n'ayant pu réussir, il se retira à Rome. On a de lui : Gothorum Suecorumque historia, Rome, 1554, in-fol.; Bâle, 1558, in-8; Historia metropolitanæ Upsalensis, etc. — Son frère, Olaüs Magnus, fut nommé, après lui, archevêque d'Upsal, mais ne put prendre possession de cette dignité, et mourut à Rome en 1568. On lui doit : Historia de gentibus septentrionalibus, Rome, 1555; Tabula terrarum septentrionalium, 1639.

MAGNUS (Jacobus), écrivain français. V. LEGRAND.

MAGNUS PORTUS (c.-à-d. Grand port), v. de la Bretagne romaine, chez les Belges, est auj. Portsmouth; — v. de la Mauritanie Césarienne, la même qu’Arsenaria, sur la Méditerranée, au S. O. de Cartenna, est auj. Arzew; — v. et port d'Hispanie (Tarraconaise), au N. O., est auj. La Corogne.

MAGNY, ch.-l. de cant. (Seine-et-Oise), dans l'anc. Vexin, à 21 kil. N. de Mantes; 1600 h. Tanneries, bonneterie, tissage de chanvre. Jolie église gothique, avec un curieux baptistère de la Renaissance. La terre de Magny appartint successivement à Catherine de Médicis, au duc d'Alençon, et à la famille Villeroy.

MAGOG, 2e fils de Japhet, dont on place les descendants dans le pays des Scythes. — Sous ce nom sont aussi désignés dans Ézéchiel et dans l'Apocalypse le peuple et le pays dont le géant Gog était le prince.

MAGON, illustre famille carthaginoise, qui faisait partie de la faction barcine et de laquelle sortit Annibal. Plusieurs Magon furent suffètes, généraux ou amiraux. L'un d'eux conquit les îles Baléares vers 702 av. J.-C., et fonda dans Minorque le port qui est encore appelé de son nom Port-Mahon (Portus Magonis). — Un autre, surnommé Barcée, défit, en 396, dans un combat naval, Leptine, frère de Denys l'Ancien, mais fut battu par Denys lui-même à Abacène, 392, et à Cabala, où il perdit la vie, 383. — Son fils, qui porta le même nom, vainquit Denys à Cronium en 382, mais fit aussitôt un accommodement avec lui. Envoyé de nouveau en Sicile plusieurs années après, il allait s'emparer de Syracuse, lorsqu'il se laissa intimider honteusement par Timoléon, 344. Traduit en jugement, il se tua pour échapper au supplice, 343.

MAGON, frère d'Annibal, se, distingua aux batailles du Tésin, de la Trébie, et eut une grande part à la vict. de Cannes (216), qu'il alla en personne annoncer à Carthage. De concert avec son autre frère Asdrubal, il lutta pendant 10 ans en Espagne contre les Scipions, s'empara de l'île Minorque et y fortifia le Portus Magonis, qu'avait fondé un de ses ancêtres. Expulsé d'Espagne par les Romains en 205, il débarqua sur la côte de Gênes, fut battu dans l'Insubrie par Quintilius Varus, et périt peu après, d'une blessure reçue dans la bataille, 203.

MAGONIS PORTUS. V. MAHON (PORT).

MAGOPHONIE. V. MAGES.

MAGRA, l'anc. Macra, rivière d'Italie, naît dans les Apennins, au-dessus de Pontremoli, qu'elle ar-