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ET CRITIQUE

publiés à la suite de l’Epitaphium in mortem Herrici Gallorum regis (Paris, R. Estienne, 1560, in-4°), fo D iv, vo. De son côté Guy Lefebvre de la Boderie a trouvé dans le nom de Pierre de Ronsard l’anagramme Se redorer Pindare (cité par Colletet dans sa Vie de Ronsard, pp. 106 et 107). Enfin Du Bellay a interprété l’anagramme grecque de Ronsard en six distiques latins qu’on peut lire dans ses Xenia seu Illustrium quorundam nominum Allusiones (fo 12 ro de l’éd. de 1569 ; Bibl. Nat., Yc, 1223).

P. 14, l. 33. — ou excusable. Ces dernières lignes sont la variante d’un alinéa que Binet avait placé en AB vers la fin de son Discours (v. ci-dessus, p. 47). En C il s’est inspiré pour toute cette phrase du début de la Breve exposition de quelques passages qui accompagne l’édition princeps des Odes. J. Martin y explique la « devise » grecque de Ronsard qui est imprimée en tête et à la fin de cette édition. Elle n’est pas, dit-il, de l’invention de l’auteur, « mais de Jan Daurat Limosin... lequel Daurat en demellant les plus desesperés passages de l’obscur Lycophron, que nul de nostre age n’avoit encore osé dénouer, montra publicquement la façon de remettre en usage les anagrammatismes... voulant Jean Daurat figurer par cela que Terpandre est vivant et ressuscité par Ronsard, anagrammatisant Πέτρος Ῥώνσαρδος par Σῶς ὁ Τέρπανδρος, la seule lettre ρ servant deus fois, ce qui est mêmes concedé en nos inversions Françoises. » (V. ma réédition de ce commentaire primitif des Odes dans la Rev. d’Hist. litt. 1903, p. 268, et l’erratum de 1550 que j’ai signalé à la p. 275 : les deus lettres ρρ se joignans et unians (sic) en une.)

Sur Dorat interprète de Lycophron au collège de Coqueret, voir Du Bellay, Deffence, II, chap. viii, éd. Chamard, pp. 275-77, notes, et encore p. 158, note 4. On peut consulter aussi à la Bibl. Nat. (Yc, 1463) un précieux recueil qui m’a été obligeamment signalé par Louis Delaruelle. Il est intitulé Fed. Jamotii, Medici Bethuniensis varia poemata Graeca et Latina (Anvers, Plantin, 1593). On lit à la p. 114 une pièce à Dorat, dont le médecin Jamot fut l’élève à Coqueret ; il y évoque le souvenir des explications de Dorat, auxquelles assistait Ronsard ; il rappelle notamment celles de Pindare et de Lycophron :

Namque ego me puerum memini rudioribus annis
Imberbis tiro dum tua castra sequor,
Cecropios haurire tuo de fonte liquores,
Libantem teneris aurea dicta labris,
Grandia seu nobis Dircaei carmina cycni
Excutis, obscuro quæ latuere situ :
Seu solvis nodos, Phrygiaeque aenigmata vatis,
Chalcidica quondam Graeca notata manu,
Undique conveniens studiosas applicat aures
Turba, Lycophronios erudienda modos.
Addit se socium, et socios supereminet omnes
Ronsardus, patriae maximus arte lyrae.
Hos inter, spissae fueram pars ima coronae,
Instar apis thymbras et thyma grata legens.


Le 4e de ces distiques fait allusion aux commentaires de Tzetzès de Chalcis, dont s’aidait Dorat en expliquant l’Alexandra de Lycophron dans l’édition publiée à Bâle chez Oporin en 1546.