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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/97

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Souvent ils s’étaient serré la main avec joie en apprenant les succès des héros de l’Île de France, où à cette époque les Franco-Mauritiens revendiquaient avec énergie les droits que l’Angleterre refusait de leur accorder. Vaincus par le nombre, après avoir remporté sur Albion de brillants succès, ces insulaires avaient dû capituler en 1810. Cette capitulation, l’une des plus belles dont il soit fait mention dans l’histoire, portait, outre plusieurs autres privilèges importants, que les habitants conserveraient leurs lois, leur religion et leurs coutumes. Depuis lors les Franco-Mauritiens avaient eu à lutter avec énergie contre l’oppression des vainqueurs, l’Angleterre avait violé la capitulation dans ses parties les plus importantes. L’Île de France comptait des hommes éminents, résolus à faire reconnaître les droits de leur compatriotes, et à consacrer leurs talents à ce noble but, les deux frères Adrien et Prosper d’Épinay, Evenor Dupont, le colonel Adam, Ponget de Saint-André et beaucoup d’autres.

On se félicitait à Saint-Eustache, dans la maison du docteur, lorsqu’à de rares intervalles, on apprenait que ces frères éloignés d’Afrique, obtenaient des concessions par leur persévérance et leur énergie, on sentait que la plaie que l’on voulait guérir là-bas, était la même qui saignait chez nous et tout bas l’on disait. Cou-