Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/94

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
86
LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Alors, fit Lucienne, nous ne devons avoir aucune inquiétude si quelqu’un nous voulait du mal.

— Nous sommes là, le docteur et moi. Je voudrais bien voir les chenapans qui oseraient venir marcher dans nos eaux, ils avaleraient une gaffe dont ils se souviendraient longtemps. Mais, mangez donc, mademoiselle, tenez, goûtez à cette bonne crème, j’ai une autre histoire à propos de crème.

— C’est bien, contez-là. Vous me donnez de l’appétit, je vais essayer la crème.

— À la bonne heure, c’est ainsi qu’il faut réparer ses forces. quand on est « feluette » comme vous l’êtes, voyez-vous, lorsque vous aurez passé quelque temps à Saint-Eustache vous deviendrez en bonne santé, vous n’aurez plus de mélancolie, vous aurez l’humeur joyeuse. Prenez donc un petit pain, ils sont délicieux.

Lucienne brisa la pâte qu’elle porta à ses lèvres.

— Vous avez raison, ils sont très bons.

— Ah ! ça va mieux, mangez encore, je vais raconter mon autre histoire. C’était chez des gens qui ne connaissaient pas beaucoup les politesses et les cérémonies. Il y avait sur le chemin de Sainte-Rose un homme qui se mourait, vite, vite on envoie chercher monsieur le curé. En arrivant dans la petite maison bien basse, ne comptant que deux chambres où le jour pé-