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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/81

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

dre ; après quoi il s’installa au dehors pour s’assurer de son succès. Au bout de quelques instants il aperçut le père qui arrivait en éclaireur ; il entra, puis ressortit aussitôt, lança dans l’air une note perlée à laquelle répondit un second battement d’ailes ; la mère le rejoignait. En compagnons fidèles ils arrivèrent tous deux au nid de leurs amours ; au même instant la fenêtre fermée de l’extérieur les retenait captifs. Edmond battit des mains.

— Napoléon n’aurait pas mieux fait, c’est une capture en règle, dit-il. Ah ! si j’avais été avec ce grand homme on m’aurait nommé caporal, quel dommage. Je l’aurais suivi à Sainte-Hélène ; c’est moi qui aurais mis le grappin sur cette canaille d’Hudson Lowe, je l’aurais étranglé sans pitié, comme un rat. J’aurais raté ses vilains plans. Tiens je fais des calembours, pas mal pour un homme qui n’a pas été élevé dans toutes les politesses et les cérémonies ; Edmond tu as manqué ta vocation, tu aurais dû naître dans le centre de la France, car tu as le cœur et l’esprit français. Oui le cœur français, répéta-t-il en se frappant la poitrine, tu aurais été l’homme pour venger le grand homme. Je l’aurais pincé comme ces oiseaux, cet anglais de malheur, je lui aurais enseigné comment on doit agir avec les gens qui ont été élevés dans toutes les politesses et les cérémonies. Ah ! gre-