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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/80

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

dans tous les coins ; on eut dit presque un reposoir n’attendant plus que le Saint-Sacrement. Edmond se croisa les bras sur la poitrine, avec un air de contentement en admirant son ouvrage.

— Si la demoiselle n’est pas satisfaite à présent, dit-il, elle sera bien difficile, rien ne manque. Oui, j’y pense, un oiseau, elle se croira au paradis, j’y suis, je vais prendre le nid d’hirondelles blotti dans la corniche de la galerie. Les hirondelles portent bonheur. Je le mettrai au beau milieu de la table, ce sera bien malin après si le père et la mère ne viennent pas s’installer dans la chambre. Cela sera beau, très beau pour l’arrivée de cette malade, elle se croira transportée dans les pays chauds, où les habitants des airs vivent dans les maisons.

Il courut au dehors, s’empara des oiselets tout tremblants, se pressant l’un contre l’autre avec de petits cris d’effroi.

— C’est ça, c’est ça, petits peureux, appelez vos parents, c’est ce que je désire, ce sont eux qui orneront la chambre, en volant tout autour pour surprendre la demoiselle malade.

Muni de son précieux ornement le domestique entra, le mit au milieu de l’énorme bouquet sur la table, ouvrit la fenêtre, puis quitta la pièce en refermant la porte derrière lui, afin que les parents désolés de l’enlèvement de leurs petits, pussent entrer sans contrainte les rejoin-