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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/73

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Allons parle de suite.

— Ah. ah, ah, mais cette femme est folle, on voit bien qu’elle ne connaît pas toutes les politesses et les cérémonies, elle m’a pris pour un vrai monsieur, ah, ah ha.

— Allons, avance.

— Ah ah ah, c’est drôle. Elle était trop curieuse, je me suis moqué d’elle, mais non de vous, docteur, un domestique comme moi qui connais les politesses et les cérémonies, ne se moque jamais de son maître, mais il se permet de se moquer de ceux qui ne connaissent nullement les politesses et les cérémonies. Je l’ai rencontrée à Sainte-Rose près de l’église, cette dame, elle m’a demandé l’heure, comme je n’ai pas de montre, je lui ai dit que je l’avais laissé chez le Dr Chénier, où je demeurais, là-dessus elle m’a fait un tas de questions, sur vous, sur votre maison, sur tout ce qui se passait ici. Vous savez, je n’aime pas que l’on me questionne sur mes maîtres, alors j’ai eu des réponses à tout ce qu’elle me demandait ; mais des réponses vagues, ainsi je lui ai dit que j’étais votre clerc, je m’occupais d’études avec vous, que nous étudiions ensemble le pluribus unum, elle m’a demandé quest-ce qu’était le pluribus unum, je lui ai répondu que c’était un squelette déterré l’an dernier, par les étudiants, qu’avec votre bistouri vous étiez parvenu à le faire marcher seul. Elle a ouvert de