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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/72

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

vança rapidement. Il portait un large pantalon noir, une veste blanche, un long frac descendant plus bas que les genoux ; toute sa personne avait un air d’emprunt ; quelque chose d’incertain dans les manières, rappelant l’embarras d’un nouvel employé du Gouvernement, non encore parfaitement initié aux petites minuties de ses fonctions.

— Qu’est-ce, docteur, fit-il en s’inclinant comme un chambellan.

— Qui t’a permis, drôle, de te moquer de moi ?

— Moi, moi ! monsieur le docteur, vous savez bien que, malgré que je n’aie pas été élevé dans toutes les politesses et les cérémonies, jamais je ne me permettrais de me moquer de mon maître, je connais mieux que cela.

— Alors si tu connais si bien la politesse et les cérémonies pourquoi m’as-tu envoyé ici madame Jacques, de Sainte-Rose, afin que je lui prêtasse de l’argent, que tu lui as dit m’avoir confié ? toi mon domestique, qui n’a en en poche de ta vie, que les gages que je te donne.

— Madame Jacques est venue vous voir pour cela ! Ah, ah ah… ah, ah ah, ah ah, ah, ah.

— Veux-tu te taire et m’expliquer cette mauvaise plaisanterie ?

— Ah ah, ah, ah ah ah.