Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/65

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
57
LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

vaincu qu’{{{2}}} vous attend ; votre médecin sera le plus heureux des praticiens lorsqu’il verra que vous vous y abandonnez avec confiance.

— Docteur, vous êtes trop bon de me porter ainsi un si vif intérêt. Je voudrais avoir comme vous, foi en ce bonheur, que vous me voulez ; les cruels événements qui ont déjà traversé ma vie m’ont rendue craintive, il me semble que certains êtres sont voués au malheur dès leur plus tendre enfance.

— Idées de malade, ma chère, chacun a droit à sa part de félicité sur cette terre. Aide-toi, le ciel t’aidera.

— Vous avez une philosophie plus optimiste que la mienne.

— C’est-à-dire que j’ai une santé plus florissante que la vôtre, par conséquent je résiste avec plus d’énergie aux papillons noirs qui veulent souvent abattre notre courage. Vous êtes délicate, nerveuse, jusqu’à présent vous avez été seule pour supporter les épreuves de la vie, sans réelle protection, que dis-je, sans même d’affections de famille si nécessaires à l’enfance. Une tendresse dévouée, vous entourant chaque jour d’attentions, rendra vite à votre nature toute son énergie, alors vous deviendrez forte, heureuse, vous ne verrez plus tout en noir, vous vous laisserez bercer du bonheur que vous méritez. Dites, ne connais-