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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/59

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

pas fâché de monter une petite intrigue contre cette famille draconienne. Ils m’ont si souvent impatienté ; je leur en ai voulu plus d’une fois d’aggraver la maladie de ma patiente par leur manière d’agir, continuellement en désaccord avec le traitement voulu dans les cas de nervosité. À nous trois, maintenant, je puis certifier de guérir cette enfant. Dans une couple de jours je conduirai moi-même mademoiselle Aubry chez le Dr Chénier ; Saint-Eustache est le pays convenant aux plus poétiques idylles.

— Docteur comment vous prouver ma reconnaissance, murmura Pierre.

— En menant à bonne fin votre beau poëme, cher enfant.

Et le bon docteur donna une petite tape amicale sur l’épaule du jeune homme.

À cet instant il se fit un mouvement général dans la salle ; tous les buveurs se levèrent en même temps, de longs hourrahs firent trembler les murs de la pièce, un personnage d’une distinction remarquable, aux traits nobles et beaux, drapé dans les plis d’un long manteau entrait dans l’hôtel.

— Vive Papineau, vive Papineau !

Le tribun salua avec ce geste particulier de noblesse qui le caractérisait, sa belle figure s’illumina d’un sentiment de joie, un éclair brilla dans son regard, où se lisait cette intelligence supérieure appartenant aux conducteurs