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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/5

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dont les tons changeants charment et reposent le regard : enfin l’on atteint Montréal, métropole du Canada ; fondée en 1642 par Maisonneuve, centre des affaires, du commerce, possédant une population de quatre cent mille âmes, de beaux édifices, deux universités, deux musées, plusieurs églises et couvents ; place en train de devenir importante.

En 1837 époque où commence cette histoire tout était bien primitif en cet endroit. Les vieilles familles françaises, demeurées au Canada après la conquête, avaient conservé leurs manières policées, leur distinction native ; mais la population en grande partie était sans instruction, de mœurs simples et paisibles. Les Canadiens étaient loyaux et francs, la parole donnée pour eux était sacrée, leur âme était trempée de noblesse, de grandeur, ils étaient de ceux dont on fait les héros, les martyrs. Opprimés par un gouvernement tyrannique, poussés à bout par les vexations des autorités anglaises, ils se révoltèrent, à la voix de citoyens patriotiques, enthousiastes, résolus à affranchir leurs compatriotes, et parvinrent après quelques années de lutte à obtenir les droits qu’ils revendiquaient.

Trois quarts de siècle se sont écoulés depuis lors, tout est bien changé, le petit peloton de Canadiens Français perdus dans le Nouveau-Monde, jouissent aujourd’hui des mêmes pri-