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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/35

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était disposé sur ces murs de manière à frapper l’imagination de l’enfance, un énorme globe terrestre ornait un coin de la chambre, un microscope se trouvait tout auprès, une vaste bibliothèque couvrait un pan de la muraille, trois ou quatre cents volumes d’ouvrages instructifs, de classiques, d’œuvres littéraires y étaient enfermés : on avait réuni là tout ce que l’on pouvait se procurer en ces temps pour acquérir une instruction solide et variée.

L’institutrice assise au milieu de cette salle d’étude examinait les trois enfants sur la grammaire ; elle avait une physionomie d’assiette brûlée au four, de larges lunettes cachaient ses yeux vert de mer, son front bas se sillonnait à tout instant de raies transversales, lui donnant une apparence rigide peu faite pour attirer la confiance de l’enfance. Elle tenait, en sa main longue, effilée, nerveuse, une règle dont elle frappait la table avec impatience lorsque les réponses n’étaient pas satisfaisante.

Louise, comme toujours, avait bien répondu ; Gaston, son frère, gros garçon aux joues rebondies, à travers lesquelles l’énorme quantité de rosbif qu’il avalait chaque jour semblait vouloir sortir encore tout saignant, se rasseyait satisfait lui aussi de son savoir, qui pourtant ne lui coûtait peu d’efforts, car il possédait une mémoire prodigieuse, suppléant à l’esprit qui lui manquait, et en faisant un enfant avancé