Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/146

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
138
LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

les brutes il n’y a que les coups qui comptent. Frappons donc, frappons avec énergie. L’Anglais n’aura jamais de considération que pour celui qui lui prouvera qu’il est un homme de courage, sans cela mes amis, toujours il écrasera sans merci ceux qui s’aplatissent devant lui. Résistons avec force, n’acceptons aucune humiliation, nous avons le droit de marcher le front haut, ne sommes-nous pas les descendants de cette glorieuse nation dont la bravoure a fait trembler toute l’Europe ? Ô France bien-aimée, tu as dicté tes lois aux plus grands peuples de l’univers, eh bien ! ici, perdus dans ce Nouveau-Monde, il y a un peloton de tes enfants que l’on veut avilir ; mais tu leur a donné ton cœur, ô mère-patrie, ton noble sang coule dans leurs veines, il bouillonne, il frémit sous l’injure, ce sang des preux, et jamais le Canadien Français ne boira l’insulte sans frapper l’insulteur.

— Hourra, hourra, hourra !

— Levons-nous tous, marchons au combat pour défendre nos femmes, nos enfants.

— Oui, oui, nous sommes prêts, répondit la foule. Soyez notre chef, conduisez-nous au combat, nous vous suivrons.

— Merci, mes amis, je suis heureux de vous entendre parler ainsi, heureux de la confiance que vous me témoignez, mais je crois que monsieur Girod que voici a plus d’expé-