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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/142

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

pour les stimuler l’exemple d’hommes énergiques et patriotiques dont les discours leur inspiraient le courage, la confiance. À Saint-Benoit, c’étaient les Girouard, les Dumouchel, les Masson, le curé de la paroisse M. Chartier. À Saint-Eustache c’était le docteur Chénier.

Lord Gosford, furieux du zèle que ce dernier mettait à prouver à ses compatriotes qu’il était de leur devoir de défendre leurs droits, avait fait afficher dans le comté des Deux-Montagnes, une proclamation offrant deux mille piastres de récompense pour l’arrestation du docteur, dont il voulait se saisir. La lecture de cette proclamation avait rempli les patriotes d’indignation ; on leur offrait de l’argent pour une trahison. De toute part, en grand nombre ils accoururent pour protéger et défendre le docteur, prêts à faire une barrière de leur corps pour le soustraire à ses ennemis.

Alors un grand camp se forma à Saint-Eustache où se trouvèrent réunis, durant quelques jours, plus de mille hommes.

Ce soir là, le docteur Chénier, après avoir chaleureusement remercié ses amis du dévouement qu’ils lui témoignaient, leur adressa la parole en ces termes :

— Groupons-nous, mes amis, ne formons plus qu’un tout pour défendre nos libertés. Nous sommes les descendants des vainqueurs de Carillon, montrons-nous les dignes fils de