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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/137

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Le Dr Nelson au milieu d’eux leur dit à cet instant :

— Mes amis, je ne veux forcer personne à rester avec moi ; mais j’espère que ceux qui demeureront feront bravement leur devoir. Je n’ai rien à me reprocher dans ma conduite politique. Je suis prêt à faire face à toutes les accusations légalement et justement portées contre moi ; si l’on me somme de me remettre entre les mains des autorités, conformément à la loi et aux usages, je me rendrai, mais je ne permettrai pas que l’on m’arrête comme un malfaiteur, qu’on me traite comme on vient de traiter Dumaray et Davignon.

À ce moment un boulet fit trembler les murs, deux Canadiens tombèrent.

— On nous attaque, il faut se battre, s’écria Nelson, soyez fermes, visez bien, attention, ne vous exposez pas inutilement. Courage, mes amis, continua-t-il, voyant l’hésitation causée par l’attaque inattendue que l’on venait d’essuyer.

— Vengeance, répondirent-ils tous, ranimés soudain par la colère et le besoin de se protéger.

La lutte commença. Les Anglais, se croyant sûrs de la victoire, s’avançaient avec une insouciance dédaigneuse, se battant à découvert ; de la maison de madame St-Germain et de la distillerie ils reçurent une grêle de balles, leurs