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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/135

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

du village Saint-Denis appelait, en des sons lugubres et précipités, les patriotes au combat. Munis d’armes bien primitives, de toute part ils accouraient, les uns avec des fourches, des faux, des bâtons, très peu avec des fusils.

Paisibles cultivateurs n’ayant jamais été au feu, leur héroïque courage seul les faisait voler à la défense de leur liberté, sans se préoccuper de leur manque de munitions de guerre, ils voulaient vaincre ou mourir. On voyait là des soldats d’un jour, de tout âge, les pères et les enfants marchaient sur le même rang, s’encourageant, se soutenant.

Le docteur Nelson avait ordonné le matin même de couper les ponts sur le chemin de Saint-Ours, afin de retarder la marche de l’ennemi. Le capitaine Gore était parti de Sorel, quelques jours avant, à la tête de cinq compagnies de fusiliers et d’un détachement de cavalerie, pour aller à Saint-Charles rejoindre le colonel Whitherall, afin de disperser les patriotes et se saisir de leur chef.

Le lieutenant Weir, arrivé de Montréal porteur d’une dépêche à l’adresse du capitaine Crompton, avait été capturé à Saint-Denis par des patriotes. Il avait cru retrouver à cet endroit les troupes du colonel Gore parties une demi-heure avant lui ; mais il les avait devancées en sautant dans un cabriolet et fut tout surpris de ne pas trouver là ses gens. Fait