Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/130

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
122
LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

bat, à cet instant un vieil huissier canadien revient, avec quelques hommes de cavalerie et tire sur les prisonniers.

— Tu n’en tueras pas d’autres, crie Viger en lui enfonçant dans la cuisse son épée qui traverse le corps du cheval, la bête s'abat et tombe sur son cavalier. Pendant que l’huissier se tire avec peine de la mauvaise position où il se trouve, nous aidons monsieur Viger à briser les fers qui attachent les prisonniers. Nous les faisons sortir de voiture, et triomphalement les emmenons chez Vincent, au milieu de l’enthousiasme général de notre troupe.

Le docteur Chénier pressa avec émotion la main du jeune homme, une larme brilla dans son regard.

— Ah ! Pierre, Dieu veuille que cet heureux début soit le présage d’une plus complète victoire, avec de tels grands cœurs ne pouvons-nous pas espérer voir un jour nos droits partout respectés ?


XV


Avec la minutie d’une femme jeune et coquette, Charles Clermont avait donné le dernier coup de brosse à son habit ; puis, jetant un regard dans la glace, il parut satisfait de sa tenue, tout reluisait sur sa personne comme si le vêtement qu’il portait sortait de chez le tailleur, et pourtant ils étaient de vieux amis tous deux ; mais le docteur Clermont avait un