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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/13

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

malveillant à notre égard, plus porté à la justice que celui de la colonie. Les voilà maintenant détrompés. L’un et l’autre subordonnent toute autre considération à celle de la sollicitude pour leurs employés. Dans le temps où vous attendiez des réformes, l’administration actuelle appelle à la magistrature des hommes qui l’ont avilie. Elle renvoie siéger sur le tribunal un juge que l’ivresse en avait fait tomber. Elle soustrait aux procès criminels qu’ils devraient subir, des fonctionnaires prévaricateurs. Comment oserait-elle, en effet, punir sévèrement un crime qu’elle s’est permis sous une autre forme ?

Vos oppresseurs vous refusent insolemment les réformes auxquelles vous avez droit, unissons-nous pour les forcer à nous les accorder. Montrons-leur que nous sommes les dignes descendants de ces héros qui les premiers vinrent ici planter la croix à l’ombre du drapeau français.[1]

La voix de l’éloquent tribun est couverte par de vifs applaudissements. Hourrah pour Papineau, vive les patriotes.

Broum, broum, broum, le tambour résonne, l’écho de la fanfare se répète de distance en distance et vient s’éteindre en un soupir au pied de la montagne, où les grands érables secouent leurs feuilles en signe d’assentiment aux

  1. Extrait d’un discours de L.-J. Papineau.