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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/128

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Ne perdons pas une minute, fondons immédiatement des balles pour résister à l’ennemi.

Toute la nuit nous travaillâmes avec ardeur. Au lever du jour un cavalier nous arriva à fond de train.

On a fait prisonniers Desmaray et Davignon, dit-il.

— Que devons-nous faire ? monsieur Viger, demanda Vincent.

— Délivrer les prisonniers en allant attendre la troupe du côté du village. En avant, mes amis, marchons.

Nous partîmes, recrutant sur la route tous ceux que nous rencontrâmes. Parvenus au village, nous apprenons qu’un détachement de réguliers est arrivé pour prêter main-forte à la cavalerie, on nous prévient aussi que le village sera mis à feu et à sang si l’on se bat en cet endroit.

— Retournons alors sur nos pas, dit Viger.

La petite bande le suit et l’on s’arrête à trois milles de là, vis-à-vis la ferme d’un nommé Joseph Trudeau. Monsieur Viger dispose ses gens dans le champ de manière à produire le meilleur effet possible. À peine est-on en place que le bruit tumultueux de la cavalerie retentit.

— Suivez-moi, mes amis, nous dit Viger s’élançant au-devant de la troupe, qui est à cent pas.