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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/124

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Je les admire, je les envie quelquefois et je ne comprends pas pourquoi la généralité des hommes traitent si sévèrement les femmes auteurs.

— Pourquoi, mademoiselle, je vais vous l’expliquer. La femme auteur se dépare presque toujours de ses qualités féminines, elle néglige les belles actions pour les belles pensées, elle se lance dans un travail intellectuel, oubliant tout l’esprit qu’elle doit apporter à l’accomplissement des petites choses quotidiennes de la vie, qui constituent le bonheur dans un intérieur, si elle s’en est fait un. Je veux parler d’une femme mariée. Une femme qui n’a de poésie et de beaux sentiments que dans les romans qu’elle écrit, est une compagne peu désirable pour un mari. Je ne dis pas qu’elles sont toutes ainsi, il y a de nobles exceptions pour prouver la règle ; mais en général les bas bleus, les femmes savantes ne s’occupent que de leurs livres, elles vous représentent des héroïnes sublimes de dévouement pour leurs époux, pour leurs enfants, tandis que dans leur vie, elles sont pour leurs maris, pour leur famille, d’une indifférence, d’une négligence révoltante, ne leur donnant aucunes des attentions, des soins auxquels ils ont droit et je vous dirai en confidence, mademoiselle, que nous autres hommes, nous sommes tous plus ou moins égoïstes et que nous préférons chez