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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/110

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

que d’un roué. Grand séducteur de femmes, heureux de ses succès, oublieux de ses torts, chasseur de passions brillantes, que la légèreté de son caractère s’étudiait à éteindre soudain avec des douches froides d’inconstance et d’oubli ; il se posait en martyr du sort, accusant tous les dieux de cruauté, de barbarie, de tyrannie, il s’écoutait parler devant les naïfs qui le croyaient.

— Venez vite, Gabrielle, défendre votre beau Cupidon, dit une des amies de Mlle Girardin en la voyant s’avancer, monsieur Pelletier déclare que vous ne devriez pas garder ce vilain dans votre maison et qu’il faudrait le jeter au feu.

— Comment, monsieur Pelletier, pouvez-vous conseiller un semblable ostracisme à l’égard de ce charmant enfant, que vous admirez toutes, n’est-ce pas, mes compagnes, dit en riant la jeune fille, regardez comme il est beau, séduisant.

— Oui, oui, répondit le groupe d’une seule voix, il serait trop triste de le renvoyer.

— C’est que vous ne le connaissez pas, mes, demoiselles. Lorsque vous aurez mon âge vous comprendrez son pouvoir fascinateur, son attrait irrésistible vous entraînant avec lui vers toutes les joies, les bonheurs, les extravagances, toutes les folies, les peines, les déceptions ; ne vous laissant voir, au premier abord, du chemin