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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/107

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— N’est-ce pas, reprit Gabrielle. On trouve ces fossiles en grande quantité à Whitby, Lord Kendall l’a apporté à ma mère, de cet endroit où existent encore, sur une falaise escarpée de la Mer du Nord, les ruines d’une abbaye renommée remontant aux sixième siècle. La légende rapporte que Sainte-Hilda, de sang royal, abbesse de Whitby dans l’âge suivant, avait, par ses prières et ses jeûnes, obtenu que les serpents qui infestaient cette contrée fussent changés en pierre. Les ruines de l’Abbaye de Sainte-Hilda sont encore magnifiques dans leur déchéance. L’on dit qu’à certaines époques de l’année, l’abbesse revient visiter son ancienne demeure, et que, lorsque le soleil frappe de ses rayons l’une des fenêtres du monastère, l’on peut apercevoir l’ombre de la sainte. Les oiseaux de mer, en passant au-dessus de l’antique monument, abaissent leurs ailes en signe d’hommage à la bienheureuse Hilda.

— Quelle jolie légende, fit Lucienne.

— Où l’avez-vous donc retrouvée, cette petite épingle ? madame Chénier, continua Gabrielle, je l’avais tant cherchée, je n’espérais plus la revoir et j’en étais affligée à cause de ma mère, elle y tient beaucoup.

— Eh bien ! ma chère, elle se trouvait dans un endroit où nous avions cherché ensemble sans rien voir près de la fenêtre, retenue au rideau.