Ouvrir le menu principal

Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/104

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
96
LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

faits de forme, blancs comme l’albâtre, les mains étaient mignonnes, sa gracieuse silhouette se balançait continuellement sur un pied, sur l’autre, comme s’il lui eût été difficile de demeurer en place.

— Je suis si contente de pouvoir enfin sortir, disait-elle, presque courir comme je viens de le faire avec mon brave Néron, il ne me quitte plus le bon animal, on dirait qu’il craint que je ne devienne encore malade.

La jeune fille appuya sa tête sur celle du Saint-Bernard qui, en réponse à cette caresse, remua significativement le bout de la queue.

— Mais je ne le serai plus malade, docteur, continua-t-elle, en laissant son favori pour passer amicalement son bras sous celui du médecin, vous m’avez sauvée pour bien des années, n’est-ce pas ?

— je l’espère. Vous voilà beaucoup plus forte qu’avant les fièvres : les typhoïdes changent la constitution lorsqu’elles n’enlèvent pas le malade, soit qu’il devienne plus faible qu’avant, s’il était fort, ou beaucoup mieux portant, si la santé était délicate.

— Vous avez dit cela à ma petite mère ? elle bénira alors cette maladie qui lui a fait verser tant de larmes, elle lui doit une récompense, cette vilaine fièvre, pour le mal qu’elle lui a causé.