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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/102

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

sée mortellement, j’entrevoyais le bonheur d’entendre des paroles de sincère affection, dictées par un véritable repentir, et m’écrier dans un élan de bonheur suprême : oh ! merci, je ne me souviens plus, vous me rendez si heureuse.

— Je ne vous trouve pas exaltée de penser de la sorte, mademoiselle, rien de plus précieux ici-bas que les sentiments vrais ; un véritable ami est un diamant bien rare, si cet ami est doublé d’une âme supérieure ayant la noblesse de savoir reconnaître ses torts, n’est-il pas légitime de rêver pouvoir le rencontrer sur sa route.

— Heureux alors celui qui rencontre à temps sur son chemin, l’être avec lequel côte à côte, la main dans la main, soit en amitié, soit en amour, il peut parcourir le sentier étroit de l’existence ; qu’importe alors les difficultés de la route, on les franchit alerte, après avoir souffert, lutté ensemble, le cyclone qui nous a si fortement secoués n’a pu nous séparer, unis dans le malheur comme dans la joie, rien ne peut rompre les doux liens de deux âmes vraiment sœurs.

— Bonjour, docteur, fit en ce moment une fraîche voix de fillette, venant interrompre la conversation, voyez comme j’ai grandi durant ma maladie, cette robe, qui était si longue, comme elle est courte, je ressemble à une saltimbanque ainsi mise ; mais je voulais venir au-