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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/100

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

heureusement grand nombre de patients ne suivent pas nos ordonnances, pour eux les petites choses, déterminant les grandes crises, ne sont rien, tant que le malade n’est pas arrivé à la période critique, où tout remède devient inutile, la maladie étant trop avancée on ne peut plus guérir.

— Quel dommage de rencontrer des gens aussi inconséquents.

— Oui quel dommage. Les foules bornées éviteraient de grands malheurs si l’on pouvait les convaincre, ou si plutôt il se trouvait chez elles ce sain jugement prévoyant les conséquences futures des choses présentes, si chez l’individu existait le bon esprit d’essayer avant de condamner, l’humanité serait en peu de temps régénérée ; que de souffrances seraient épargnées ; l’homme, heureux par le fait même qu’il serait en santé parfaite, vivrait des années de plus, sans arriver à cette décrépitude, cette perte de facultés mentales et physiques qui elle seule est la véritable mort : notre âme se détacherait de son enveloppe comme la chrysalide devient papillon, dans un sommeil paisible, on oublierait la vie, pour renaître en évoluant dans un monde meilleur, tout en ayant parcouru ici-bas une route ensoleillée.

— Vous avez raison, docteur, la vie est belle lorsque Dieu vous donne le bonheur de rencontrer des parents, des amis sympathiques qui