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Ne sont rien, à ses yeux, que fadaise et folie.

Tel, avec de grands tuons, ne sait, trouver comment
Lire, se promener, s’égayer un moment.
De madame Drabeau racontons l’infortune :
Trente mille louis composant sa fortune,
À balayer, frotter, trotter en sa maison.
Elle passe son temps. Si la peur du démon
Lui fait donner, parfois, quelque chose à l’église.
Elle refuse tout pour la noble entreprise
De son compatriote industrieux, savant.
Ce n’est pas, à l’ouïr, qu’elle tienne à l’argent ;
Mais, du matin au soir, attachée à l’ouvrage
À peine de dormir a-t-elle le courage.
Malheureuse, inquiète, on conçoit l’embarras
Où la mettent des biens dont elle n’use pas.
Si vous en avez trop, qu’une noble dépense
Vous, délivre à propos de votre dépendance.

Je pourrais rapporter vingt exemples frappants
D’avares citadins ; mais parcourons les champs :
Ce vice, dès longtemps, peu satisfait des villes,
Est allé dans les champs chercher d’autres asiles.

Tel est riche en biens-fonds, et n’a qu’un seul enfant :
Pour un écu par mois, ou six piastres par an.
Assez, pour son état, il peut le faire instruire ;
Mais son curé n’a pu, jusqu’à, présent, l’induire,
Ni par sages discours, ni par graves raisons,
Ni par avis privés, ni par communs sermons,
À faire pour son sang ce léger sacrifice :
Dominé, maîtrisé par sa rustre avarice,